Emploi en Bretagne : le plan d’urgence décliné en Région

mercredi 16 mars 2016
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Le CESER a examiné la communication du Conseil régional au sujet du "Plan breton pour l’emploi".

Dans le cadre du "Plan 500 000 formations" lancé en janvier par le Président de la République, la Région Bretagne a a voulu définir la déclinaison de ce Plan dans un protocole d’accord avec l’Etat. La Région Bretagne entend assurer la coordination de la politique d’accompagnement vers l’emploi de ce Plan. Elle a fait connaître son intention de demander à terme une compétence accrue dans ce domaine.

Vous lirez l’intervention de Jean-Marc Cléry pour la FSU.

Intervention de Jean-Marc CLERY

La montée du chômage qui frappe désormais la Bretagne aussi durement que le reste du pays, et les crises qui secouent de nombreuses filières de production bretonnes, interrogent toute notre société. Les mutations profondes de l’appareil de production - industriel aussi bien qu’agricole - les besoins de formation des salariés et des chômeurs, leurs attentes en termes de droits, et surtout les effets à tous les niveaux de l’intégration brutale aux marchés et à la concurrence de tous les secteurs d’activité, avec le profit pour seul critère : tout cela interroge notre modèle économique, social et environnemental dans sa globalité.
Autant de problèmes qui imposent des réponses bien au-delà de ce qu’un plan d’urgence pour l’emploi, peut faire, si ambitieux qu’il puisse être.

Dès l’annonce du Plan national « 500 000 formations », la Région Bretagne a manifesté la volonté politique d’en piloter la mise en œuvre et de coordonner les dispositifs d’accompagnement vers l’emploi en prenant appui sur ses compétences renforcées en matière de formation et d’orientation. La FSU reconnaît le volontarisme de cet engagement et les moyens financiers que la Région y consacre.

Pour autant, elle continue à regarder avec beaucoup de réserves la volonté de déboucher à terme sur un transfert de compétence en matière de politique de l’emploi, alors que se multiplient les remises en question de l’existence de Pôle Emploi. Pour la FSU la politique de l’emploi doit rester nationale, ce qui passe par tous les moyens nécessaires pour que Pôle Emploi puisse exercer ses missions.

La FSU rejoint totalement les inquiétudes émises par le CESER quant aux problèmes que pose la généralisation de l’inscription dématérialisée pour les chômeurs. L’inquiétude du CESER quant aux conditions d’exercice des personnels de Pôle Emploi est également pleinement justifiée. Bousculés depuis des années dans leur professionnalité, soumis aux réorganisations et aux réductions d’effectifs, sommés de répondre à des injonctions permanentes - mais sans moyens et sans temps pour s’approprier les objectifs - les personnels de Pôle Emploi sont aujourd’hui au bord de la rupture. Il ne faudrait pas que les demandes adressées à Pôle Emploi par la Région pour un accompagnement de qualité des usagers engendrent des injonctions supplémentaires pour les personnels.

La FSU s’interroge également sur la capacité réelle des organismes de formation à répondre de manière rapide et massive aux demandes de ce « Plan d’urgence », cela sans dégrader à la fois la qualité pédagogique des formations pour les bénéficiaires et les conditions de travail pour les personnels par manque de temps et de moyens en formateurs.
S’agissant de la VAE, si elle est un outil mobilisable de retour à l’emploi, la durée du parcours (environ 9 mois, du début de l’entrée dans le dispositif jusqu’à la décision du jury en charge de la certification demandée), participe de sa fiabilité. Vouloir « accélérer le retour à l’emploi » en raccourcissant le processus de VAE, ou également en ramenant de trois à un an la durée minimale d’activité requise pour rendre éligibles les demandes de validation (comme le propose l’avant-projet de loi El Khomri), risquerait de dévaluer les dispositifs sans pour autant résoudre le problème pour nombre de chômeurs de longue durée. Car assez souvent ce n’est pas le diplôme dans leur ancien métier qui fait qu’ils n’y trouvent plus de travail, mais l’absence de formation pour un autre métier.
Quant à l’apprentissage, la FSU a déjà fait entendre ses critiques lors de l’examen de l’avis sur le projet de Budget.

Quelques mots pour finir sur un élément, essentiel pour les chômeurs, que ce plan n’aborde qu’indirectement, c’est le besoin de se sentir durablement en sécurité financière : condition sans laquelle on ne peut se projeter dans le temps ni aborder sereinement toutes les reconfigurations de vie qu’une formation ou une recherche d’emploi impliquent.

Or c’est précisément ce à quoi entendent s’attaquer les théoriciens de la « dynamisation » de la recherche d’emploi par la mise en insécurité des chômeurs – que ce soit par l’accentuation des contrôles comme l’a imposé le ministre Rebsamen, ou que ce soit par la réduction de la durée d’indemnisation sous prétexte de la crise du financement de l’UNEDIC comme on ne cesse de le seriner depuis cet hiver, de la Cour des comptes à l’Elysée, en passant par le MEDEF.

C’est singulièrement de sécurité dont ont aussi besoin les salariés aujourd’hui alors que le monde du travail se trouve bouleversé et mis sous pression par les mutations technologiques et la concurrence généralisée. Car les salariés n’ont que leur salaire pour vivre et que la loi pour les protéger.

Mais, nous dit-on, puisqu’on a tout a été essayé en vain contre le chômage, il ne resterait plus comme perspective que la fluidification du marché du travail. Ainsi il ne resterait plus aux actifs qu’à jouer au jeu des « chaises musicales » - salariés sans statut contre salariés à statut, CDD contre CDI, chômeurs contre salariés, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes - mais sans qu’ils aient jamais le droit de demander des comptes aux organisateurs du jeu sur le nombre de chaises.

La jeunesse, dont les promoteurs de cette vieille lune libérale prétendent se faire les interprètes, semble voir son avenir autrement. C’est que, ayant déjà amplement tâté des « jobs précaires », elle a d’autres attentes. Elle a dit avec force le 9 mars qu’elle n’entendait pas lier son avenir à la destruction des protections que ses aînés ont conquises. Elle le redira sans doute aussi fort le 17. En ce qui concerne la FSU, elle sera sans hésitation à ses côtés.


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