Climat-pouvoir d’achat : n’opposons pas les préoccupations !

Climat-pouvoir d’achat : n’opposons pas les préoccupations !

2018-11-22T23:26:17+00:0022 novembre 2018|Catégories : À LA UNE|Mots-clés : |

COMMUNIQUE DE PRESSE FSU Bretagne

Rennes, le 15 novembre 2018

Dans le mécontentement actuel qui se cristallise sur le prix des carburants, Emmanuel Macron a décidé d’y voir « l’amour des français pour la voiture » qu’il oppose aux « pro-climat ». Une fois de plus il utilise un raccourci simplificateur pour faire la leçon à l’opinion jugée coupable d’inconséquence face à l’urgence climatique et à la pollution.

Pourtant lorsque Nicolas Hulot a démissionné à la fin de l’été, ce ne sont pas les contradictions de la population qu’il a dénoncées mais bien celles de ce gouvernement Macron-Philippe qui refuse de taxer le kérosène et l’huile de palme et autorise Total à forer en Guyane, qui ferme les petites gares et se lance dans de nouveaux projets autoroutiers ! Un gouvernement qui, après des décennies de politique tout-diesel profitant aux pétroliers et constructeurs automobiles, met aujourd’hui les ménages sous pression pour les contraindre à opter pour des véhicules « propres » hors de prix !

Cette politique paraît brouillonne au plan environnemental mais elle est claire au plan économique et social : elle épargne le capital et frappe les ménages. Ainsi le Budget 2019 impose un milliard d’euros « d’économies » à l’assurance-chômage et à l’hôpital public, supprime 5000 emplois publics dont la moitié dans l’éducation, mais il fait cadeau de 40 milliards aux entreprises pour « pérenniser » le CICE !

Ne soyons pas naïfs, derrière le « blocage du pays » le 17, la droite réactionnaire et l’extrême droite agissent pour tenter d’instrumentaliser le mouvement de colère.

La FSU rejette la démagogie sur le « trop d’impôt » mais condamne le choix qui est fait de mesures fiscales injustes. Elle comprend les colères qui grondent aujourd’hui alors que ce gouvernement mène une attaque sans précédent contre le pouvoir d’achat du plus grand nombre.

Dans le contexte actuel de régression du dialogue social et de contournement des syndicats par le pouvoir, l’expression directe et multiforme du ras-le-bol déroute. Elle exprime cependant la difficulté du quotidien, le manque de transports, les bureaux de Poste ou les maternités qui ferment, les Services publics qui se retirent des territoires. Beaucoup de celles et ceux qui regardent aujourd’hui avec sympathie les « gilets jaunes » sont aux premières loges face aux effets des pesticides agricoles, de la malbouffe agro-industrielle, etc., et sont conscient.es des risques pour la santé et l’environnement.

Alors n’emboîtons pas le pas de Macron : pas de simplisme, n’opposons pas les préoccupations  !