Quand l'austérité prive d'accueil les femmes victimes de violences !

Droits des femmes

Droits des femmes : quand l’austérité prive d’accueil les femmes victimes de violences !

2018-09-08T17:39:34+00:008 septembre 2018|Catégories : À LA UNE|Mots-clés : |

Alors qu’Emmanuel Macron et sa Ministre Marlène Schiappa ne manquent pas une occasion de s’enorgueillir des avancées que porte le gouvernement  « La République En Marche » s’agissant de la lutte contre le harcèlement et les violences faites aux femmes, force est de constater qu’en la matière comme dans bien d’autres domaines, il y a loin du discours LaREM aux actes !

L’un des deux lieux d’accueil de jour ouverts à Lorient et Vannes par le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles du Morbihan (CIDFF 56) en partenariat avec la Sauvegarde 56 et avec l’appui de financements de la Région Bretagne, de la Préfecture du Morbihan, et de la CAF du Morbihan, est aujourd’hui contraint à la fermeture faute de financement suffisant notamment du fait de la diminution de la subvention de la préfecture.

Vous trouverez ci-dessous un appel du collectif pour la réouverture du centre d’accueil pour les femmes victimes de violences à Lorient qui lance l’alerte pour l’ensemble des femmes en Bretagne.

Rassemblements lundi 10 septembre:

  • Lorient – 10h devant la mairie
  • Vannes – 15h Place du Général de Gaulle

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Pour la réouverture d’un lieu d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences conjugales à Lorient… et pour la création de nouveaux lieux ailleurs

Communiqué du collectif pour la réouverture du centre d’accueil pour les femmes victimes de violences à Lorient

 

En France, le nombre de femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur actuel ou ancien partenaire est estimé à 225 000 femmes par an. 3 femmes victimes sur 4 déclarent avoir subi des faits répétés. 8 femmes victimes sur 10 déclarent avoir également été soumises à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales. En 2016, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex partenaire, soit 1 tous les 3 jours. 25 enfants mineurs sont décédés, tués par un de leurs parents dans un contexte de violences au sein du couple.

Alors en 2018, on est tou-te-s « #metoo » ? Dans les mots oui !

Le Président de la République s’est engagé à l’occasion de son discours sur le lancement de la « grande cause du quinquennat » : « je me suis en effet engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l’égalité entre les femmes et les hommes et le premier pilier de cette cause, c’est bien la lutte pour l’élimination complète des violences faites aux femmes. Pour cela, je souhaite que nous nous donnions les moyens de mener une action résolue à hauteur des enjeux. »

Dans les faits non !

Le 3ème plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes de 2011 prévoit un lieu d’accueil de jour par département pour recevoir et accompagner les femmes victimes de violence. C’est un premier pas, mais c’est largement insuffisant !

A l’échelle du Morbihan, l’existence d’un seul lieu d’accueil situé à Vannes laisse ainsi de côté environ 4/5 de la population du département ! Quand on connait la complexité de ces situations de maltraitance, les difficultés qu’ont les victimes à s’identifier comme victimes, à affronter peur des représailles, honte et sentiment d’humiliation pour demander de l’aide, et l’ambivalence très fréquente de leur relation à leur bourreau (sans parler des complications financières et organisationnelles que ces déplacements impliquent) … on comprend bien que très peu d’entre elles feront la démarche de se rendre à l’autre bout du département pour solliciter un accompagnement …

Le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles du Morbihan (CIDFF 56), en partenariat avec la Sauvegarde 56, avait donc fait le choix en 2014 d’ouvrir 2 lieux d’accueil de jour, 1 à Vannes et 1 à Lorient (avec l’appui de financements de la Région Bretagne, la Préfecture du Morbihan, la Caf du Morbihan). Le lieu d’accueil de jour de Lorient a suivi et accompagné de 2015 à 2017 une centaine de femmes par an. Mais à peine 3 ans après l’ouverture et suite à la diminution de la subvention de la préfecture, ce lieu a dû fermer faute de financement suffisant.

Aujourd’hui, il suffirait pourtant de 40 000 euros / an pour réouvrir et faire vivre le lieu d’accueil de Lorient.

Nous interpellons donc les pouvoirs publics et les invitons à prendre leurs responsabilités pour apporter une réponse dans tout le territoire aux besoins d’accompagnement et de soutien des victimes de violences conjugales :

– à Lorient, nous demandons la réouverture de l’accueil de jour

– dans le Morbihan et en Bretagne, nous demandons l’ouverture de nouveaux lieux d’accueil pluridisciplinaires, notamment pour les zones rurales

– en France, nous demandons un plan de lutte contre les violences plus ambitieux et ne se limitant pas à la population des grandes métropoles.