CESER du 1er Décembre 2025
Orientations Budgétaires 2026
Intervention de Ronan Oillic (FSU)
Comme la région le note dans son introduction, l’instabilité gouvernementale persistante conduit à étudier les orientations budgétaires avec une visibilité réduite, on comprend qu’il soit ainsi difficile de dépasser les seules déclarations d’intention, et que le report à février 2026 de l’adoption du budget primitif se soit imposé. Nous ne pourrons donc pas pour l’instant débattre du budget régional, mais les orientations budgétaires nous donnent l’occasion de nous pencher sur la situation budgétaire nationale que la région mentionne.
Si le flou demeure sur les montants exacts d’économies demandées aux collectivités dans le prochain budget, il existe cependant une certitude quant au fait que nous aurons l’austérité au menu de l’année 2026. Austérité qui serait justifiée par la participation de toutes et tous à l’effort de lutte contre la dette.
Ainsi la région écrit qu’il y a une injuste répartition des efforts entre l’État et les collectivités. C’est vrai si l’on ne regarde que le critère des dépenses. Mais il est quand même important de rappeler que des baisses de dépenses pour l’État se traduisent systématiquement par un recul des services publics. Ainsi, lorsque des maternités ferment sous couvert d’amélioration de la sécurité, ce sont des territoires entiers qui se retrouvent fragilisés, lorsque des emplois de policiers sont supprimés c’est l’insécurité qui augmente et les mairies qui doivent financer une police municipale, lorsque des postes d’enseignants sont supprimés par milliers, se sont bien évidemment des classes, voir des écoles qui ferment. Est-ce vraiment la société apaisée évoquée par le conseil régional ?
Pourtant une meilleure répartition des efforts est possible, en faisant contribuer les plus riches au même niveau que les autres citoyens de notre pays. Pour rappel, en 20 ans le revenu des 0,1 % des français les plus fortunés a plus que doublé (+119%), ils gagnent 167 fois plus que la moyenne des foyers pauvre contre 100 fois plus au début des années 2000. Dans le même temps leur taux réel d’imposition est passé de 29,2 % à 25,7 %.
Ainsi la crise de la dette en France est d’abord une crise des recettes. Déjà dans le rapport sur la dette publique remis en 2010 par Paul Champsaur et Jean-Philippe Cotis on lit que « depuis 1999, l’ensemble des mesures nouvelles prises en matière de prélèvements obligatoires ont réduit les recettes publiques de près de 3 points de PIB…en l’absence de baisses de prélèvements la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible ». Pour en revenir à la période plus récente, entre 2017 et 2024 selon la cour des comptes les gouvernements Macron nous ont progressivement privés de 2 points de PIB de recettes fiscales structurelles. Qu’aurait été le niveau de la dette française si le budget n’avait pas été privé de ces recettes ?
Le résultat de cette politique fiscale menée non pas au niveau français mais bien au niveau mondial est résumé par Par Pascal Saint-Amans, ancien responsable des questions fiscales à l’OCDE : « une poignée de personnes possède le monde, c’est une aberration. Cela nourrit le populisme, lequel ne fait que renforcer les inégalités »
Au niveau régional, cette austérité contrainte par la baisse de dotation se fera par report d’engagements sur certains projets et le recentrage de l’intervention régional sur les actions à fort impact. Dans l’attente de la connaissance précise des moyens alloués en 2026 à la région, ces affirmations vagues sont inquiétantes, et la FSU sera attentive à la façon dont cela se traduira concrètement dans le budget.
Dans ce tableau assez sombre, pour finir sur une note plus optimiste, la FSU retiendra deux engagements. La continuité dans l’investissement avec la « confirmation de l’ambition du projet de mandat avec un volume de PPI à 3,3 milliards € » et le maintien des efforts dans les domaines de la culture, du sport et des langues de Bretagne.
BRETAGNE