Au travail comme ailleurs, mobilisons et luttons contre les LGBTQIA+phobies !

L’année scolaire a débuté par un événement tragique dans le Cantal : des attaques et manque de soutien hiérarchique ont poussé une enseignante victime d’attaques lesbophobes à se suicider. Au travail, comme ailleurs, les LGBTQIA+phobies vont jusqu’à tuer. À Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp, Lannion, Paimpol et dans d’autres villes en France, l’année s’est poursuivie par un affichage transphobe du syndicat de la famille dénonçant des contenus de l’Evars – l’Éducation à la vie affective relationnelle et à la sexualité – et l’usage des espaces non mixtes par les jeunes trans. Inlassablement, cette association réactionnaire issue de La manif pour tous poursuit ses attaques contre le Planning familial, principale association intervenant dans le cadre de l’Evars.

Le lien entre les attaques LGBTQIA+phobes et les milieux d’extrême droite sont clairs. Preuve en est des tags fascistes retrouvés sur les murs d’un lycée briochin au matin du 01 avril, juste après une mobilisation en faveur de la Journée de Visibilité Trans (TDoV). Ils font suite aux tags retrouvés les années précédentes sur le parcours de la marche des fiertés. Partis politiques – LR, RN et Reconquête en tête -, médias d’extrême droite, maisons d’édition, député·e·s, sénateurices mais aussi lors des campagnes pour les municipales : les discours réactionnaires sont de plus en plus décomplexés, et les inégalités perdurent dans tous les domaines : discriminations à l’emploi et au logement, inégalité des droits en termes de filiation, difficultés ou discriminations dans les accès aux espaces sportifs…

Plus largement, au niveau international, les actes violents sont attisés et se multiplient dans des sociétés où la tolérance se développe à l’égard des personnes LGBTQIA+. Les lois LGBTQIA+phobes reculent d’ailleurs à l’échelle mondiale, même si on constate leur durcissement ou leur retour dans les pays où l’extrême droite accède au pouvoir. Dans le même temps, sans aucun consensus scientifique, aux athlètes féminines trans de concourir aux prochains JO. En utilisant des « tests génétiques » et le terme de « femme biologique », il réaffirme une binarité idéologique des sexes, invisibilise les personnes intersexes, et poursuit le contrôle patriarcal sur les corps des femmes et minorités de genre.

Au travail aussi 

Selon le dernier rapport de SOS Homophobie, la LGBTIphobie au travail ne régresse pas. Elle est majoritairement le fait de collègues ou de supérieurs hiérarchiques et se caractérise d’abord par du rejet ou de l’ignorance, des insultes et du harcèlement à l’encontre des personnes LGBTQIA+. Dès l’embauche et tout au long de la carrière, iels sont scruté·e·s, isolé·e·s et discriminé·e·s. Cela va des « blagues » ou propos homophobes ou transphobes, aux insultes voire aux violences physiques.

Précisément, le baromètre LGBTQIA+ de l’Autre Cercle en partenariat avec l’Ifop a mesuré une augmentation de 12 points des discriminations vécues dans le monde du travail par rapport à 2024. L’étude révèle aussi une augmentation des agressions : 37 % des salarié·e·s LGBTQIA+ victimes de discriminations en provenance de la direction. 65 % des salarié·e·s trans et non-binaires concerné·e·s. 36 % victime d’une agression (hausse de 8 points depuis 2024). La moitié des salarié·e·s a déjà entendu des insultes ou expressions LGBTphobes. Le malaise face au coming-out touche particulièrement les personnes trans et non-binaires et accroît avec le manque d’inclusion de l’entreprise. Voir son identité de genre respectée n’est ni un caprice ni une mode, c’est un droit fondamental reconnu par la Cour européenne des droits de l’Homme comme une composante de la dignité humaine.

Les LGBTQIA+phobies sont à l’origine de climats délétères et génèrent de la souffrance au travail pour les salarié·e·s LGBTQIA+, quand elles ne les privent pas tout simplement de l’accès à l’emploi et par conséquent d’une retraite digne.

Face à leur haine, au travail comme ailleurs, la solidarité est notre force ! 

La destruction des services publics, notamment de santé, entrave d’autant plus un accès aux soins déjà précaires. Les attaques envers l’école, portées par le gouvernement ou des organisations d’extrême droite comme Parents Vigilants et le syndicat de la famille, génèrent un climat particulièrement hostile pour les élèves trans et non-binaires ! Reconnue comme un outil efficace pour lutter contre les discriminations LGBTIphobes, l’éducation à la sexualité est devenue un symbole systématiquement attaqué par les mouvements réactionnaires. Impensées par l’institution judiciaire, les personnes LGBTQIA+ sont mégenrées par ses acteurices, toujours soumis à la comparution à l’audience pour le changement de sexe à l’état civil ou surexposées aux violences en détention. L’égalité d’accès n’est même plus garantie depuis le 1er mars 2026, une contribution étant due pour toute procédure civile au tribunal judiciaire ou action devant le conseil des prud’hommes.

Les employeurs ont l’obligation d’assurer la santé et la sécurité physique et mentale des travailleurs et travailleuses et de sanctionner les actes discriminatoires. Le baromètre LGBTQIA+ de l’Autre cercle démontre que l’engagement des employeurs réduit considérablement les discriminations et agressions au sein de l’entreprise et accroît l’épanouissement des personnels LGBTQIA+.

Il est urgent de mettre en place une négociation annuelle obligatoire, des outils effectifs et contraignants de lutte contre les discriminations, de suivi et prévention des discriminations, du harcèlement, mais aussi, de former et sensibiliser les salarié·e·s et les directions sur ces questions afin d’obtenir l’égalité des droits et des environnements de travail inclusifs, sans stéréotypes de genre, ainsi que des mesures concrètes contre les violences au travail (prise en charge des frais d’avocats, mise en place de procédures d’enquêtes types, protection de la victime présumée sur le lieu de travail, etc.).

Ces leviers sont essentiels pour nos organisations syndicales pour gagner l’égalité des droits au travail ! 

Nous rappelons que lorsque l’extrême droite est au pouvoir, les droits de toutes sont systématiquement remis en question. L’extrême droite prolifère en exacerbant les clivages et divisions de la société, en général, et des travailleuses et travailleurs, en particulier, sur des motifs discriminatoires. Elle prétexte protéger notre souveraineté plutôt que des personnes en refusant de voter une résolution interdisant les thérapies de conversion au parlement européen. Aujourd’hui encore plus qu’hier, nos organisations syndicales sont extrêmement inquiètes quant au sort des personnes LGBTQIA+ migrantes ou sans-papiers.

Au lendemain de la journée internationale contre les LGBTQIA+phobies, nos organisations syndicales appellent le monde du travail à participer massivement au rassemblement départemental le 18 mai 2026, à 18 h, à Saint-Brieuc, place Du Guesclin. Après celle de Rostrenen du 25 avril, nous appelons à participer aux marches des fiertés départementales : à Dinan le 06 juin 2026 et à Saint-Brieuc le 13 juin 2026.