Quelques mois après le mouvement des Gilets jaunes et des retraites et leur répression violente, et quelques semaines à peine après une période de confinement qui a éprouvé très inégalement la population dans ses conditions de vie, de travail comme dans les risques de contamination, et qui a vu une fois de plus des comportements policiers bien différents selon les territoires et surtout selon les personnes contrôlées, la lutte sociale reprend et fait entendre avec force la revendication d’égalité et de justice et le refus radical de toute forme de domination. Et incontestablement le rassemblement du 2 juin contre les violences policières devant le tribunal de Paris où 20 000 personnes ont scandé « Justice pour Adama ! » a donné un souffle et une physionomie nouvelle à cette lutte.

Pour toute une partie de la jeunesse en France, l’écho du mouvement « Black Lives Matter » au États-Unis est devenu un élément de “conscientisation” Cette prise de conscience s’exprime avec une puissance d’autant plus grande qu’elle parvient à articuler la critique de la domination sociale et politique et des racines historiques de la discrimination avec une analyse très claire des ressorts de l’exploitation capitaliste. Assa Traoré en est aujourd’hui l’une des principales voix.

L’acuité de cette critique résolument sociale portée par celles et ceux qui la subissent affole les tenants de “l’ordre naturel” –  cet “ordre” où les situations de domination sont d’autant plus aisées à perpétuer qu’elles sont déniées ou admises comme naturelles.

Comme toujours, pour se légitimer, les intérêts très particuliers des dominants se donnent l’allure de l’universel; et comme toujours la juste colère suscitée par la violence de cette domination est renvoyée du côté de la sauvagerie ou de la perversité !

Aujourd’hui c’est au nom du “vivre ensemble” que ceux qui ne sortent jamais de leurs cercles d’influence et qui se claquemurent dans leurs lieux de vie ultra-protégés agitent la peur du “séparatisme” ou de “l’indigénisme” et conspuent le “gang Traoré” (sic) . Tout comme hier le bourgeois stigmatisait  la “dépravation des pauvres”, agitait la peur de la bande à Bonnot et invitait les esprits critiques à “aller se faire voir chez les soviets” !

Malheureusement, au piège de mots-creux et des fausses valeurs beaucoup se font prendre. La presse n’échappe pas à cette fièvre. On le savait des grands hebdos friands d’oppositions bien binaires et de concepts à majuscules…  et surtout très liés aux intérêts des dominants.

On est plus étonné et surtout attristé de voir des rédactions de quotidiens régionaux respectés se transformer aussi en ateliers des haines recuites. Ainsi en va-t-il du “point de vue” exprimé par Hubert Coudurier dans les colonnes du Télégramme du 13 juin. Dans le fond comme dans la forme du propos, cet article heurte profondément toutes celles et tous ceux qui font vivre au quotidien une société humaine et démocratique avec au cœur la référence à une Bretagne, terre de résistance, accueillante à tou.tes.

La FSU Bretagne avec d’autres organisations refuse de “laisser passer”. C’est pourquoi elle appelle à signer la pétition  « Le poison du racisme distillé dans les foyers bretons » du collectif rassemblant notamment Kofi Yamgnane, Patrick Chamoiseau, Malik Salemkour (Président de la LDH), Todd Sheppard (Historien),…